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Le 21/03/2016 09:55 Il y a : 64 jour(s)

Session de la Chambre régionale Aquitaine Limousin Poitou-Charentes

La première session de la Chambre régionale d’agriculture Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes (CRA ALPC) s’est tenue le 11 mars dernier dans les locaux de l’école d’ingénieurs Bordeaux Sciences Agro. Occasion pour Olivier Lavialle, son directeur, de rappeler que Bordeaux Sciences Agro est la seule école d’enseignement supérieur agronomique de la grande région.

La partie statutaire de la session a notamment abordé l’approbation des comptes financiers des trois anciennes Chambres régionales, le recrutement en cours du futur directeur général de la nouvelle entité, la désignation d’élus régionaux à l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture, la désignation de membres associés à la session CRA ALPC, la renégociation des conventions collectives ainsi que la présentation des 8 Commissions et 9 Comités d’Orientation de l’établissement. Parmi les moments très attendus, les élus ont été invités à se prononcer sur la question suivante : « Souhaitez-vous que le siège de la Chambre régionale d’agriculture Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes soit transféré de Limoges à Bordeaux ?». Le résultat du vote à main levée a été le suivant : 40 voix pour Bordeaux, 38 pour Limoges, 2 abstentions. Cet avis sera adressé au Préfet de région qui reste seul décisionnaire sur le choix du siège de l’établissement jusqu’à présent situé à Limoges.

 Une actualité marquée par les crises

L’intervention de Dominique GRACIET, Président de la CRA ALPC, était largement axée sur la crise agricole qui agite la plupart des secteurs de production tant sur le plan sanitaire (influenza aviaire, FCO,…) qu’économique (baisse des prix). « Cette crise est aussi une crise de la PAC qui ne remplit plus ses fonctions de protection mais complexifie les procédures. Elle n’apporte plus aux agriculteurs la visibilité dont ils ont besoin pour conduire leurs exploitations. Les mesures à mobiliser dans le cadre européen sont insuffisantes » a-t-il rappelé. « Au niveau national, certaines mesures conjoncturelles vont dans le bon sens : allègement des charges sociales, année blanche sociale pour les exploitations à faibles revenus. Cependant elles demeurent, elles aussi, insuffisantes et partielles. Ainsi pour la région Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes, il manquerait 4 millions d’€ sur l’enveloppe de fond d’allègement des charges dans le cadre du plan de soutien à l’élevage. A cela s’ajoutent les retards de paiement des aides PAC, les déclarations 2016 qui devront être faites avant de connaître le retour des déclarations PAC 2015, les retards de paiement pour le PCAE, liés à des problèmes d’outils informatiques, etc. En bref, la crise agricole est encore renforcée par la crise administrative. Nous sommes loin de la simplification !». En point d’orgue à cette situation déjà critique s’ajoute la crise liée à l’influenza aviaire. 7 départements de notre région sont en zone de restriction et concernés par les mesures de vide sanitaire avec des conséquences pour tous les maillons de la filière : 4 mois sans production, 8 millions de canards en moins sur les 22 millions produits annuellement, des investissements nécessaires en biosécurité qui représenteraient 150 millions d’€ sur 5 ans, des pertes estimées à 100 millions d’€ pour l’amont et à 150 millions d’€ pour l’aval. La crise comprend également un volet sociétal autour de la question des produits phytosanitaires : « L’émission à charge « Cash Investigation » est révélatrice de notre difficulté à communiquer auprès des citoyens sur notre implication pour trouver des solutions à ces problématiques qui nous concernent directement, mais aussi sur toutes les actions engagées mais qui demandent du temps pour produire leurs effets (Plan Ecophyto, etc.). Ce sujet est d’ailleurs inscrit comme chantier majeur pour la recherche au sein de notre Comité d’Orientation Recherche Développement Innovation.»

 La plus grande région française

La deuxième partie de la session était consacrée à une présentation de la conjoncture agricole. En introduction, Pierre Delfaud, professeur émérite à l’Université de Bordeaux, a dressé le portrait de la grande région qui, il est vrai, est désormais la plus vaste de France. « En revanche, nous ne sommes que la 4ème sur le plan européen derrière la Botnie du Nord (Suède), la Castilla y Léon et l’Andalousie (Espagne). 5ème région en terme de population, ALPC est celle où les plus de 75 ans sont les plus nombreux et les moins de 20 ans les moins nombreux. Nous sommes 5èmes en termes d’emploi ». Sur le volet agricole, ALPC est la 1ère région tant en chiffre d’affaires, qu’en valeur ajoutée et en nombre d’emplois. Mais nous ne sommes que 4ème sur le secteur agro-alimentaire. « Les 12 départements qui composent la nouvelle région sont très hétérogènes. Concernant la population (5,8 millions d’habitants), le département de la Gironde écrase tous les autres avec ses 1,5 millions d’habitants. La ville de Bordeaux, à elle seule, compte plus d’habitants qu’un seul des 11 départements. Si Gironde, Dordogne et Landes sont les trois plus gros départements français, Haute-Vienne et Lot-et-Garonne sont très petits. Malgré des écarts de densité de population importants, nos départements sont tous très attractifs avec plus d’arrivées que de départs. Sur le chapitre de l’emploi, ce sont les départements les plus peuplés qui ont le meilleur niveau de maintien de l’emploi. La Gironde se positionne en leader sur le nombre d’emplois agricoles, suivie par la Charente Maritime et les Pyrénées-Atlantiques, mais c’est en Creuse et Lot-et-Garonne que la part de l’emploi agricole est la plus importante.

 Un contexte international schizophrène

Alors que les crises agricoles se multiplient en France, le contexte international apparaît tout aussi défavorable avec des craintes sur la santé de l’économique et sur la situation financière mondiales. La conjoncture se dégrade, influencée négativement par le ralentissement économique chinois. Le Brésil, grand exportateur de produits agricoles, est également en crise. « Depuis 2013, le cycle haussier s’est inversé. Nous assistons à un effondrement des prix du pétrole impactant les pays producteurs qui sont traditionnellement de gros importateurs de produits agricoles (céréales entre autres). Depuis 3 ans, l’indice du prix des céréales et depuis 2 ans l’indice du prix du lait et des produits laitiers sont à la baisse. La croissance économique mondiale est au ralenti » estime Thierry Pouch, de l’Assemblée Permanente des Chambres d’agriculture.

Il faut également prendre en compte les conséquences dévastatrices de l’embargo russe en vigueur depuis 2 ans. La population locale en est la première victime avec une hausse de certains prix atteignant + 30 à 35% sur certains produits. Les 2èmes victimes sont les exportateurs européens de porcs, bovins et fromages qui ne peuvent plus expédier. Cette situation engendre un engorgement des marchés intra-communautaires.

« Enfin, le traité de libre-échange engagé depuis 2013, constitue une menace supplémentaire. Face aux difficultés pour conclure un accord, les Etats-Unis tout comme l’Union Européenne, multiplient les accords locaux (Australie, Nouvelle-Zélande), ce qui peut entraîner de graves préjudices, notamment en élevage. Les américains poussent à la signature du traité transatlantique car l’Union Européenne est le premier exportateur mondial de produits agro-alimentaires et le solde bilatéral est à notre avantage. Même si elle est absente de la discussion, la question du taux de change demeure importante. Si les droits de douane sont faibles entre Union Européenne et Etats-Unis, ils sont plus importants pour les produits alimentaires. De plus, concernant les barrières non tarifaires, il y a une incompréhension entre les deux parties sur les signes officiels de qualité provenant d’Europe et les produits OGM, sous antibiotiques, chlorés provenant d’Outre-Atlantique. Le traité de libre-échange peut nous conduire à une remise en cause de notre modèle de consommation alimentaire et voire même de la souveraineté des pays sur leur législation » conclut Thierry Pouch.

 Les présentations suivantes sont téléchargeables ici :


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